Ce que font vraiment les ados.
Une grande enquête française vient de paraître : interface et YouGov ont interrogé, en juin 2026, 1 138 parents et 970 jeunes de 11 à 17 ans. Avec d’autres études récentes, elle dessine une génération déjà équipée, et des parents souvent un temps en retard.
À votre avis ?
Parmi les enfants de 11-12 ans, quelle part utilise déjà régulièrement une IA généraliste ?
Les compagnons IA
Ces applications jouent un ami, un confident, un personnage. 32 % des 11-17 ans en utilisent, et 59 % de ces utilisateurs y passent plus de temps qu’ils ne le voudraient. Un compagnon IA est le 2e service d’IA le plus visité par les 12-17 ans.
Chez les utilisateurs réguliers, 50 % disent ressentir des émotions négatives chaque semaine, contre 38 % de l’ensemble des ados : un lien à examiner, pas une preuve.
interface / YouGov 2026 ; Arcom, baromètre des services d’IA, juin 2026.Parler de soi à une machine
48 % des jeunes Français de 11 à 25 ans utilisent l’IA pour parler de sujets personnels ou intimes. Ce sont les plus jeunes qui s’y confient le plus : 14 % des utilisateurs de 11-12 ans, contre 6 % des 13-15 ans.
Aux États-Unis, un tiers des ados qui utilisent un compagnon IA lui ont déjà parlé d’un sujet sérieux plutôt qu’à une vraie personne.
Ipsos bva / VYV / CNIL, mai 2026 ; interface / YouGov 2026 ; Common Sense Media, juillet 2025.Vérifier, on en parle peu
Au Royaume-Uni, 34 % des parents seulement ont expliqué à leur enfant comment vérifier qu’une réponse de l’IA est vraie. En France, 44 % des parents de jeunes utilisateurs ne sont pas à l’aise avec leur usage.
Bonne nouvelle : 89 % des ados y voient au moins un aspect positif. Ils sont prêts à en parler.
Internet Matters, juillet 2025 ; interface / YouGov 2026.Ce que retiennent les chercheurs, et ce que nous en tirons
- L’usage commence avant 13 ans, souvent à l’insu des parents. Parlez-en tôt, même si votre enfant ne s’en sert pas encore.
- Les usages relationnels demandent le plus de vigilance. Un compagnon IA n’est pas un ami : c’est un produit conçu pour retenir l’attention.
- Les usages d’apprentissage sont à encourager, à condition que l’IA fasse travailler au lieu de faire à la place : c’est tout l’objet de cette page.
- Les parents attendent du soutien de l’école (51 %), des entreprises d’IA (41 %) et des pouvoirs publics (30 %). En attendant, les outils de cette page sont pour vous.

Fais glisser l’âge.
Notre conseil change avec l’âge. En dessous, ce que disent les règles des outils et de l’école.

Ça fait apprendre, ou ça fait à sa place ?
Huit situations de la vie de tous les jours. Classez-les, et la règle va apparaître d’elle-même.
Vous venez de retrouver la règle : si l’IA fournit l’effort, votre enfant n’apprend pas.
C’est exactement ce qu’a mesuré une grande étude menée dans un lycée en Turquie auprès d’environ 1 000 élèves (Bastani et al., revue PNAS, 2025). Les élèves s’entraînaient avec une IA qui donnait les réponses, avec une IA réglée en tuteur qui donnait des indices, ou sans IA. Puis tout le monde passait un contrôle, sans IA.
Autrement dit : une IA qui fait à la place donne l’illusion de progresser. Une IA qui pose des questions et donne des indices fait vraiment travailler.

Cours, test, correction, remédiation.
Le bon usage de l’IA pour réviser tient en cinq étapes. Cliquez sur chacune : le message à copier est prêt, votre enfant n’a qu’à remplacer ce qui est entre crochets.

Un compte relié, un rendez-vous par semaine.
Le but n’est pas de surveiller chaque mot, mais de voir ensemble à quoi sert l’IA. Trois réglages simples.
Relier les comptes
ChatGPT propose depuis fin septembre 2025 un contrôle parental : vous reliez votre compte à celui de votre ado.
- heures de coupure (la nuit, pendant les devoirs sur table) ;
- voix, mémoire, création d’images : activables ou non ;
- contenus sensibles filtrés.
Attention : vous ne voyez pas ses conversations.
Regarder ensemble
Une fois par semaine, dix minutes : votre enfant ouvre son historique et vous montre deux conversations qui l’ont aidé à apprendre. C’est lui qui choisit, c’est lui qui explique.
Prêter son propre compte n’est pas la bonne solution : les conditions des outils l’interdisent en général, et l’historique de chacun se mélange.
Un contrat de famille
- L’IA s’utilise pour comprendre et s’entraîner, jamais pour rendre un devoir à sa place.
- On essaie d’abord seul, on demande ensuite.
- On vérifie ce que l’IA affirme.
- On ne lui confie pas ce qu’on ne dirait pas à un inconnu.
- Le soir, l’IA dort aussi.
Sources : OpenAI, présentation du contrôle parental (29/09/2025) et conditions d’utilisation Europe ; Anthropic, conditions d’utilisation (2025) ; Mistral AI, conditions d’utilisation UE (2026) ; ministère de l’Éducation nationale, cadre d’usage de l’IA en éducation (14/06/2025).

Largué en maths ? Vous pouvez quand même l’entraîner.
L’IA prépare pour vous les questions, les réponses attendues et les pièges. Vous, vous faites ce qu’aucune IA ne fait : être là, encourager, faire expliquer.

Entraîneur, pas juge.
Ces séances sont un entraînement bonus : ni note, ni sanction. Voici des phrases qu’on entend souvent. Lesquelles aident vraiment ?
